mer. Fév 26th, 2020

Derrière un sabre… tout un processus

Ce sabre est chargé d’histoire et de symboles ce qui lui confère une signification prestigieuse. C’est celui d’un grand conquérant, d’un guide spirituel hors du commun, d’un érudit comme on en trouve rarement…Ce sabre a autrefois appartenu au fondateur d’un empire qui s’étendait de la Guinée, au Mali en passant par le Sénégal. La remise symbolique intervient deux ans après la promesse faite par le président français, Emmanuel Macron, le 28 novembre 2017 à Ouagadougou. Devant des centaines d’étudiants, il avait ravi son auditoire en déclarant : «Je veux d’ici cinq ans, les conditions soient réunies pour des restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain en Afrique.» En mars 2018, il est annoncé la création d’une mission «de réflexion et de consultation» pour la restitution du patrimoine culturel africain à l’Afrique.

Dans leurs recommandations, les auteurs du rapport devant aboutir à rendre au continent africains ses œuvres culturelles préconisent «la restitution rapide » des objets prélevés en Afrique par la force ou « présumés acquis dans des conditions inéquitables». Rentrent dans cette définition les objets saisis « lors d’affrontements militaires », ceux acquis « par des personnels militaires ou administratifs actifs sur le continent pendant la période coloniale (1885-1960) ou par leurs descendants ». Idem pour les pièces récupérées « lors de missions scientifiques antérieures à 1960 ». Les objets « oubliés », c’est-à-dire qui avaient été prêtés par des institutions africaines, à certains musées pour des expositions ou des campagnes de restauration mais n’ont jamais été rendus sont aussi concernés. Quant à ceux qui douteraient de la capacité de conservation des œuvres en Afrique, Felwine Sarr, co-rapporteur invité dans les Matins de France Culture disait ceci : «Il y a plus de 500 musées en Afrique. En Afrique du Sud, au Nigeria, en Tanzanie, au Kenya, au Sénégal, les compétences sont là. Il y a des pays où effectivement c’est moins le cas mais il y a assez de dispositifs d’accueil et les Africains sont en capacité de prendre en charge leur patrimoine. Je trouve curieux que l’on pense qu’ils soient un danger pour leurs propres œuvres. »

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