mer. Fév 26th, 2020

Kemi Seba, un combattant controversé en croisade contre le FCFA

Alors que l’arrivée prochaine de la monnaie Eco dans les pays de l’ Union économique monétaire ouest africaine (UEMOA) vient d’être annoncée, le Franco-Béninois Kemi Seba s’était particulièrement fait remarquer ces dernières années dans sa croisade contre le franc CFA. Ses méthodes jugées parfois peu orthodoxes lui ont d’ailleurs valu un emprisonnement.

«Au XXIe siècle, chaque peuple a normalement le droit de posséder sa propre monnaie et de décider de son avenir politique », disait Kemi Seba dans une marche qu’il avait initiée à Dakar le 19 août 2017 où il résidait depuis 2011 avant d’y être expulsé. Il n’hésitera pas à brandir, devant une foule, un billet de 5 000 F CFA pour ensuite l’enflammer. Une profanation fiduciaire qui lui a valu un bref passage à la prison de Rebeuss, avant de bénéficier d’une relaxe, le 29 août 2017. Au cours de cette même année, les autorités sénégalaises décidaient de l’expulser sans préavis vers la France. Pour cause, jugeaient-elles, «des propos désobligeants qu’il formule à l’encontre des chefs d’État et dirigeants africains» ce qui rendait sa présence sur le territoire sénégalais comme «une menace grave pour l’ordre public». Président de l’association Urgences panafricanistes, créée en décembre 2015 à Dakar, le Franco-Béninois Kemi Seba (Stellio Capo Chichi pour l’état civil) considère en effet que le plaidoyer en faveur de la «souveraineté» des pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) est une urgence.

Personnage controversé

Kemi Seba est formé au sein de la branche française de Nation of Islam avant de suivre l’enseignement du philosophe et égyptologue gabonais Grégoire Biyogo. Toutefois dans sa croisade contre le franc CFA Kemi est loin de faire l’unanimité, le 26 août 2017, sur son blog, le philosophe sénégalais Hady Ba réduisait Kemi Seba à un «afroclown» venu en Afrique «faire du théâtre sur notre misère et prendre un peu de ce qui ne nous a pas été volé par nos dirigeants pour nous tenir un discours prétendument révolutionnaire, mais sans effet». Deux jours plus tard, sur le site français Le Monde Afrique, son compatriote Felwine Sarr, économiste et écrivain s’interrogeait, à la suite de l’affaire du billet : «Le doigt de Kemi, aussi grossier puisse-t-il nous paraître, pointe une lune qui existe bel et bien et un problème qui est réel : les rapports de domination économique, politique et militaire, qui font que, malgré des indépendances obtenues dans les années 1960 pour la plupart des nations africaines, la décolonisation est un processus qui est loin d’être achevé.»

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