mar. Jan 21st, 2020

Guinée-Bissau: Victoire de l’opposant Umaro Sissoco Embalo, contestée par son adversaire

La situation est tendue en Guinée-Bissau. Le candidat de l’opposition, l’ancien Premier ministre Umaro Sissoco Embalo, a été proclamé mercredi vainqueur de l’élection présidentielle dans ce petit pays d’Afrique de l’Ouest à l’histoire tumultueuse. Cette victoire est pour le moment contestée par son adversaire du parti majoritaire, Domingos Simoes Pereira, qui dénonce des « fraudes ».

Un retard de 12 points au premier tour

La victoire de Umaro Sissoco Embalo, 47 ans, est assez inespérée. Il a en effet dû combler un retard de 12 points concédé à son adversaire lors du premier tour et remporté 53,55 % des voix dimanche dernier, contre 46,45 % pour Domingos Simoes Pereira, a annoncé la Commission électorale nationale (CNE).

« Les résultats provisoires qui viennent d’être proclamés sont pleins d’irrégularités, de nullité et de manipulations, qui (constituent) une fraude électorale. Un tel résultat, nous ne pouvons pas l’accepter », a déclaré devant des militants au siège de son parti le candidat malheureux, alors que les supporters du vainqueur fêtaient la victoire dans le centre de la capitale Bissau à grands coups klaxons et de concerts de casseroles.

« Nous allons amener toutes les preuves qui démontrent que les résultats ont été changés », a ajouté le chef du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), en annonçant un « recours en annulation » après consultation de ses conseillers juridiques. « Je serai un président de la concorde nationale », a pour sa part assuré Umaro Sissoco Embalo, qui défendait les couleurs du parti Madem, une dissidence du PAIGC.

Un général de brigade de réserve et ancien Premier ministre

L’Onu par contre ne voit pas d’irrégularités pouvant remettre en cause les résultats. L’Organisation « exhorte tous les militants à continuer de faire preuve de retenue pendant la période post-électorale », et « félicite la Commission électorale pour la conduite exemplaire du processus électoral ». « L’élection s’est bien déroulée. Un candidat a gagné. Il aura beaucoup de responsabilités pendant ces moments difficiles que traverse la Guinée-Bissau », a pour sa part déclaré une observatrice membre d’un réseau d’organisations de la société civile, Elisa Pinto.

Le président élu est un général de brigade de réserve, ancien Premier ministre (2016-2018) du président Vaz, spécialiste des questions de défense et géostratégiques. Il a également été le représentant en Afrique de l’Ouest d’un fonds d’investissement libyen. Ce père de trois enfants, « musulman marié à une chrétienne », s’est posé en « rassembleur », tout en critiquant vertement la gestion du PAIGC, parti qui a mené la lutte pour l’indépendance du Portugal en 1974 et dominé la vie politique depuis lors.

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